Mardi 19 août 2008
Un Français entre deux Kenyans sur le podium olympique du 3 000 m steeple, cherchez l'erreur. Sûr que du côté du pays des Hauts Plateaux, on essaiera longtemps de comprendre comment un certain Mahiédine Mekhissi-Benabbad s'y est pris pour chiper une médaille d'argent qui fait partie du patrimoine national.

« M. M-B ». Un gringalet, qui éparpille 75 kilos sur une grande charpente de 1,90 m, est venu se faufiler dans la dernière ligne droite de la course entre Kipruto et Mateelong. Même qu'avec un peu plus d'expérience, il les aurait décoiffés tous les deux : « Cela n'est pas passé, mais j'y ai cru. Je rêvais de faire entendre la Marseillaise à Pékin. Ce sera la prochaine fois. »À tout juste 23 ans, il peut se voir en or à Londres puisque son tempérament ignore le doute. C'est en tout cas ce qu'affirme son entraîneur Zouir Foughali. Casquette de l'équipe de France sur la tête, des yeux que l'on devine rieurs derrière ses lunettes jaunes, il se régale des sollicitations médiatiques de son soir de gloire dans les sous-sols du stade olympique, tandis que son poulain remplit ses obligations protocolaires, entre remise des médailles et conférence de presse.

 

Pour la mille et unième fois, il reprend le conte de fées athlétiques. Le môme, grandi dans un quartier difficile de Reims, lui est venu entre les mains quand il était encore cadet, et déjà prometteur. Educateur pour enfants en difficulté, et ancien coureur de 1 500 mètres, il s'est improvisé entraîneur, « j'ai appris dans les livres », pour aider ce talent à s'épanouir. Quelques résultats ont ouvert au jeune champion les portes de l'INSEP à Paris. Mais l'exilé se sentait mal, loin de la famille et des amis. Il est revenu au bercail alors que son mentor faisait le chemin en sens inverse, pour assumer un emploi temporaire du côté de Melun : « Je vais trois jours par semaine à Reims, où je peux l'entraîner. Les autres jours, ce sont ma soeur et mon beau-frère qui le tirent à vélo. Il a des qualités phénoménales. »il revient dégoûté. Blessures et maladies s'en mêlent, comme cette tâche sous le genou qu'il met du temps à soigner. Après le ramadan, il reste quatre mois sans s'entraîner, il parle d'abandonner l'athlétisme, mais son entraîneur le remet en piste pour un printemps tonitruant, ponctué d'une victoire en Coupe d'Europe à Annecy. Le tandem ne doute plus de rien : « Je ne connais pas ses limites, assure le coach. C'est un battant, c'est ce qui fait sa force. » Son protégé acquiesce : « Je crois en moi. »Forcément un tel parcours hors normes (il a encore battu son record personnel de quatre secondes hier soir) interpelle. Tellement incongru, mystérieux, marginal. Vous avez suggéré dopage ? Zouir Fughali assume : « Mahiedine donne son sang et son urine. Il a toujours joué le jeu. Il a eu « 3 000 » contrôles, qui se sont toujours bien passés. Je dors bien, il dort bien. » Du côté de la Fédération, on veut afficher la même confiance dans un système qui se dit transparent : « Les athlètes français sont soumis aux contrôles antidopage et au suivi longitudinal, rappelle Franck Chevallier, le directeur technique national. Huit sont tombés en deux ans. Il a suivi les règles comme tout le monde. Il n'y a plus de certitude dans notre sport, mais quand on a des gens qui font ce qu'il faut, on n'a aucune raison de douter d'eux. » Dit-il.

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  Pour ceux qui découvrent Mahiedine à Pekin, il avait déjà étonné à la coupe d'europe en juin 2008 en remportant le 3000 m steeple

 

par marathonien2003 publié dans : l'actu de l' athlétisme communauté : Vive l'athlétisme !
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