Vendredi 21 novembre 2008
Un documentaire formidable vu ce jeudi soir sur France 2
Retour sur la préparation pour les Jeux paralympiques de Pékin d'Assia, Nantenin, Marie-Amélie et Audrey, quatre athlètes françaises handicapées.
Deux ans avant les Jeux paralympiques de Pékin, quatre jeunes femmes entament une longue préparation, jalonnée de blessures et de doutes. En 2004, Assia El'Hannouni, atteinte de rétinite
pigmentaire, a remporté quatre médailles d'or et décroché quatre records du monde. Fille du chanteur malien Salif Keita, Nantenin est devenue championne du monde du 200 m en 2006. Un accident de
scooter à 15 ans a brisé le rêve de Marie-Amélie Le Fur qui voulait devenir pompier. Deux ans après, elle devenait la reine du 400 mètres. Amputée des deux jambes quelques mois après sa
naissance, Audrey Caquin a battu le record de France du 100 m fauteuil après seulement trois années de séances intensives.
Elles ont rêvé de Pékin, comme tous les sportifs. Assia, Marie-Amélie, Nantenin et Audrey ont chacune un lourd handicap.
Pendant deux ans, la réalisatrice Jackie Bastide a suivi les quatre jeunes femmes sur leur chemin pour décrocher une qualification aux jeux Paralympiques, qui se sont tenus en septembre dernier
en Chine. La documentaliste avait déjà consacré un portrait à Marie-Amélie («Fais de ta vie un rêve»), dans le cadre de la remarquable collection de documentaires jeunesse de France 2. C'est aux
côtés de la jeune fille, amputée d'une jambe après un accident de scooter et devenue championne du monde handisport, que Jackie Bastide a fait la connaissance de ses trois amies. Avec une
franchise empreinte de délicatesse, la réalisatrice aborde sans détours leur handicap, pour ce qu'il est : un élément constitutif de l'existence de ces jeunes sportives, mais auquel ne saurait
être réduit leur destin.
Assia El Hannouni, 26 ans, est malvoyante. En 2004, aux jeux Paralympiques d'Athènes, elle a décroché quatre médailles d'or. Ses résultats font d'elle une des meilleures athlètes françaises...
valides. Quand elle s'élance dans l'arène de Pékin, on a le coeur accroché à ses jambes interminables qui dévorent la piste. Elle reviendra de Chine avec deux médailles d'or, deux médailles
d'argent et un coup de gueule contre le gouvernement qui n'a pas assez soutenu, selon elle, les athlètes handicapés.
Nantenin Keitaa connu, elle aussi, la joie de la victoire à Pékin où elle a remporté l'argent sur 200 mètres. Douce et déterminée, la jeune fille impose sa présence poétique à l'écran.
Déficiente visuelle et albinos comme son père, le chanteur malien Salif Keita, elle dit son admiration pour ce dernier : «Je veux lui causer le moins de soucis possible...»
On entend, d'un portrait à l'autre, ces mêmes paroles d'enfants-adultes, grandis dans l'adversité, et dont la gaieté est un manifeste au monde, une tentative pour bercer la peine de leurs parents
: «Je sais que mon amputation a été pour eux une blessure profonde, je me suis battue pour qu'ils soient moins tristes», explique la lumineuse Marie-Amélie Le Fur, 19 ans, double
médaille d'argent aux Jeux. Audrey Cakin, qui avait battu le record de France en fauteuil sur 100 mètres, est la seule à ne pas avoir été jusqu'à Pékin. Elle épousera bientôt son grand amour,
Manueli. Sourire immense, elle lance, à propos de ses copines : «A nous quatre, on est les drôles de dames !»
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